L'oreille étonnée : 1 - forme et processus

  • L'infini du bruit IV
  • Séminaire François Bayle

    Acousmathèque GRM - Mercredi 28 février 2001

processus : ce qui se poursuit, ce qui presse

forme : ce qui surgit de la pression

L'événement sonore, tel qu'il se présente en mode acousmatique, donc dans toute l'autonomie de son apparaître, cesse d'être masqué perceptivement par ses causes et accède par débrayage au déploiement (spatio-temporel) de l'éventail de ses qualités morphodynamiques.

Reste que l'écoute active, esthétique, musicale, ne peut fonctionner que par implication à un monde de représentations associées. Une chaine s'installe : sensation-perception-lien-monde. Les liens de musicalisation(niveau 3) émergent des perceptions de re-cognition (niveau 2) à partir de l'éveil des sensations attentives à la présence (niveau 1).

Mais ce potentiel musicien ne se confirme et devient musical qu'à des conditions supplémentaires déjà évoquées, formelle (niveau 4) et symbolique (niveau 5).

Le distinguo musicien/musical est utile. Il précise et éclaire l'inter-relation des deux instances, celle (culturelle) du travail de l'oreille éduquée et celle (naturelle) du plaisir spontané, qui d'évidence sont à l'œuvre dans la pratique de musique.

C'est ce qui, dans mon optique, justifie le découpage en niveaux impairs (1, 3, 5) à caractère immédiat (ou intermédiaire), et niveaux pairs (2,4) ceux-là médiat(isés) par l'outil (qui traite le matériau), l'instrument (qui déploie le système), la forme (qui organise l'économie des processus).

Les niveaux pairs construisent un savoir-faire forcément contraignant, laborieux. Etayant par alternance un pouvoir-être, un déploiement de la conscience, attentive, affective, ouverte au monde (niveaux impairs).

L'acousmatique se définit alors comme la modalité qui associe ces deux versants de la même expérience, portant sur le monde des i-sons (expérience musicale autant qu'intermodale : la musique la plus générale qui soit) et liées entre elles, comme lecture-écriture.

(A la question - par acousmatique faut-il ententre selon un sens large : l'ensemble modal des musiques projetées, ou de façon plus locale : les marques de style d'un auteur particulier, je réponds - sur les deux plans - que si je m'efforce moi-même, selon des marqueurs propres à mon métabolisme, de couvrir les 5 niveaux qui caractérisent la modalité acous-matique, pour autant je ne saurais seul en explorer le champ, évidemment ouvert et mobile, sans cesse à ré-inventer).

Resterait à évoquer dans cette séance (IV) et la dernière (V) le va-et-vient de la forme (surtout par son défaut : la surprise) à la représentation (par son retournement : l'aporie).

sommaire

1. formes (apparentes ou cachées) de la surprise
relation - parenthèse - bifurcation

2. processus évolutifs
simple (dessin) - composé (surface) - organisation (volume)
exemples : Rosaces 1 à 5 - (Vibrations composées)

3. fonctions mnésique
dépayser (amnèse) - transposer (anamnèse) - déployer (métamnèse)
exemples : Le sommeil d'Euclide - (Son Vitesse-Lumière IV)