Le bruit de l'image : thèmes et schèmes

  • L'infini du bruit II
  • Séminaire François Bayle

    Acousmathèque GRM - 2001

Expérience première : par notre corps nous est donné le sentiment de cette poussée de la durée.
Le temps du son s'étire et même s'étale dans l'espace : il rayonne. Et par “l'infini du bruit” j'invoque (à le désigner poétiquement) ce premier niveau de l'écoute, qui correspond dans l'expérience de toute enfance au stade sensori-moteur. C'est bien ce bruissement concrescent aux variétés infinies qui atteste de l'activité générale : non-vie et vie, éléments et événements.
La musique - ce jeu d'enfant - naît, re-naît (il y a toujours du re- en musique, de la re-connaissance) dans ce qui bruite.Donc voici un niveau premier qui fait jouer des qualités immédiates, en vue d'une présentification.
- Sautant provisoirement par-dessus un niveau second, celui des objets reconnus comme tels (identification) - et que nous étudierons davantage avec les morpho-concepts au cours de la 3ème et prochaine séance (geste / matière / outil) - venons-en de suite à un troisième stade. Succédant donc à 1- l'audition, 2- la re-cognition, celui-ci accède à 3- la musicalisation, par l'effet d'une mise en scène intérieure : une interprétation des i-sons, comme images débrayées, ré-agencées selon des schèmes, ou au fil de thèmes.
- Pourquoi l'ai-je annoncé comme bruit de l'image ? Parce qu'au-delà du thème de l'image reconnue, ce qui toujours bruite, ce qui la déborde, la parasite, c'est cette frange d'indétermination qui caractérise la position acousmatique : son espace non-trivial, son principe d'incertitude.
L'imagination musicale construit à partir de l'in-fini, de l'ouvert.
Prise entre la pauvreté causale (d'ailleurs invérifiable de fait) et la stimulation sensorielle de l'audition qualitative (comme on dirait gustative : où le désir s'en mêle), l'écoute musicale ne choisit pas, n'hésite pas. Elle fonctionne, décolle et recolle “en compréhension” les fragments, les éclats des figures (pour peu que celles-ci aient été suffisamment “avancées” par le compositeur).

Dans la modalité acousmatique, le corps n'explore-t-il pas à plaisir cette joie d'être libre et sensible aux mille détails de l'invisible tel qu'il se dé-montre “à l'intérieur de la vue”.

Alors il “vit” l'audible comme un “faire”, anticipatif, actif, progressif…

sommaire

1. formation / déformation
(la matière, c'est l'inconscient de la forme - G. Bachelard)

2. catégories motivantes de mon (ton, son) acousmatique
débrayage, lien des lieux, relecture infinie, expérience d'étrangeté

3. vocabulaire de l'arché-typologie (selon Gilbert Durand)
schème - archétype - symbole - mythe

4. parmi mes 13 thèmes :
rideau / scène : entre jardin (nature) et cour (art)

5. les schèmes dans Tremblement de terre très doux
“les propriétés souterraines de l'écoute bousculent doucement les idées”